Régularisation des charges locatives

Provisions versées d’un côté, dépenses réelles de l’autre : le solde dit qui doit quoi à qui.

1Ce que le locataire a versé

La provision pour charges qui figure sur ses quittances.

12 pour une année pleine

2Ce que le logement a réellement coûté

Les charges récupérables sur la même période.

En copropriété, colonne des charges récupérables du décompte du syndic, plus la taxe d’ordures ménagères. Ni travaux, ni honoraires de syndic.

Solde de la régularisation

Indiquez la provision mensuelle, le total des dépenses pour obtenir le calcul.

Ce que le bailleur doit respecter

  • Envoyer le décompte détaillé un mois avant l’appel.
  • Tenir les justificatifs à disposition pendant six mois.
  • Réclamer dans les trois ans : au-delà, la créance est prescrite.
  • Accepter un étalement sur douze mois si la régularisation intervient plus d’un an après.

Une provision n’est pas un forfait

La provision est une avance : elle n’est due qu’à concurrence des dépenses réelles. Chaque année, le bailleur compare les deux et solde la différence, dans un sens ou dans l’autre.

Le forfait, lui, est réservé à la location meublée et à la colocation à baux multiples. Il est définitif : aucune régularisation n’est possible, même si les dépenses s’en écartent.

Les charges récupérables

  • L’eau et le chauffage collectifs
  • L’électricité et l’entretien des parties communes
  • L’entretien courant de l’ascenseur et des espaces verts
  • Les menues réparations et le remplacement des éléments d’usure
  • La taxe d’enlèvement des ordures ménagères

Tout le reste est à la charge du propriétaire : travaux, gros entretien, honoraires de syndic, assurance de l’immeuble, taxe foncière. Les inclure expose au remboursement.

Ajuster la provision pour l’année suivante

Un rattrapage important signale une provision mal calibrée. Le bailleur peut l’ajuster sans avenant, en la justifiant par la dernière régularisation ou le budget du syndic. Le nouveau montant figure ensuite sur les quittances.

Questions fréquentes

Comment calculer la régularisation des charges ?

On compare deux totaux sur la même période : les provisions versées, soit la provision mensuelle multipliée par le nombre de mois, et les charges récupérables réellement dépensées. Si les dépenses sont supérieures, le locataire doit un complément ; sinon le bailleur rembourse la différence.

La régularisation est-elle obligatoire ?

Oui, dès que le bail prévoit des provisions. La loi impose une régularisation au moins annuelle. Un bailleur qui encaisse des provisions sans jamais régulariser s’expose à devoir tout rembourser.

Quelles charges peuvent être récupérées sur le locataire ?

Seules celles qu’énumère le décret du 26 août 1987 : eau, chauffage collectif, électricité des parties communes, entretien des espaces verts et de l’ascenseur, menues réparations, taxe d’enlèvement des ordures ménagères. Travaux, honoraires de syndic, gros entretien, assurance de l’immeuble et taxe foncière restent au propriétaire.

Que doit recevoir le locataire avant de payer ?

Un décompte, au moins un mois avant l’appel : les charges par nature, le mode de répartition entre les logements, et les provisions déjà versées. Il peut consulter les justificatifs pendant les six mois qui suivent.

Dans quel délai réclamer un arriéré de charges ?

Trois ans. Au-delà, la créance est prescrite. Le locataire dispose du même délai pour réclamer un trop-perçu.

Le locataire peut-il étaler le paiement ?

Oui, si la régularisation intervient plus d’un an après la période concernée : il peut alors exiger un échelonnement sur douze mois.

Le locataire est parti en cours d’année. Comment faire ?

La régularisation se fait au prorata : indiquez le nombre de mois réellement occupés. Si le décompte du syndic n’est pas connu au départ, le bailleur peut retenir une provision sur le dépôt de garantie et régulariser à l’arrêté des comptes.

Sources

  • Article 23 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989Régularisation annuelle, décompte un mois avant, justificatifs tenus six mois, étalement sur douze mois.
  • Décret n° 87-713 du 26 août 1987Liste limitative des charges récupérables sur le locataire.
  • Article 7-1 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989Prescription triennale des actions relatives au bail.

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